Carnet de route

Circuit Lucien Briet – Hautes-Pyrénées et Espagne

Le 18/11/2017 par cousseau olivier

Après un bivouac en bord de route à Héas aux portes du cirque de Troumouse, nous partons pour 2 jours visiter trois vallées : Aguila, Badet, et La Gela.
 En fait nous souhaitons reprendre les traces de Lucien Briet d’un circuit qu’il réalisa en 1897 nous permettant de faire une boucle autour de la Munia en passant par le chemin des mines situé dans le cirque Barrosa (Espagne). On ne connaît pas vraiment la date d’aménagement du chemin des mines mais c'est vraisemblablement au XIXe siècle, peut-être vers le milieu ou la fin de celui-ci , époque où la prospection et l'exploitation minières prenaient leur essor du fait des progrès de l'industrialisation, que cet aménagement a été réalisé.

PREMIER JOUR : de Héas au refuge de Barroude, par les hourquettes de Héas et de Chermentas.

Nous partons de Héas pour 1380 m de D+ en direction de la Hourquettes d’Héas et passons devant l’oratoire de la sainte famille. Nous avons un temps magnifique, sacs lourds mais cœurs légers nous avançons d’un bon rythme. Arrivé à la hourquette, la Gela nous tend les bras, on ne peut quand même pas passer à côté sans y monter. Nous laissons les sacs et partons à l’ascension de la Gela au pas de course.

De retour à la hourquettes, nous déjeunons sous le regard des vautours, nombreux en ces lieux.

Descente dans la vallée de Badet pour rejoindre la hourquettes de Chermentas. Nous basculons dans la vallée de la Gela en direction des lacs de Barroude. Cette vallée est magnifique et est un vrai livre ouvert sur la géologie des Pyrénées. Nous passons au pied de la Gela (versant sud) où nous étions quelques heures plus tôt. On y a également trouvé une plante endémique, la Saxifrage des Pyrénées qui se loge dans les fissures des falaises. C’est l’une des plus grandes rosettes de saxifrage alpine. Le nombre de feuilles augmente durant 4 à 5 années, formant presque une spirale. Lorsque la plante est suffisamment forte elle fleurit une fois, produit des graines et meurt.

Arrivés aux lacs, point de refuge de Barroude puisqu’il a été entièrement détruit par le feu en octobre 2014, à priori par la foudre. Mais une procédure judiciaire ralenti sa reconstruction.

Nous installons notre bivouac pour la nuit, le soleil étant encore haut, Baptiste en profite pour aller se baigner. Thierry trouve une source, eau pure et fraîche pour tout le monde….que du bonheur.

 

DEUXIEME JOUR : du lac de Barroude au cirque de Troumouse, par le cirque de Barrosa et le pic de La Munia.

Nous débutons la deuxième journée par la montée au port de Barroude. Arrivé à celui-ci, nous découvrons sa majesté la Munia (3133 m), on se réjouit à l’idée de la gravir.

 En descendant sur le versant espagnol du port de Barroude on découvre le cirque de Barrosa, et en face sa falaise sud où on distingue nettement, oblique vers le bas et la droite à partir du col d'Espluca Ruego, le plan de chevauchement de la nappe géologique de Gavarnie (en haut, faite de calcaire dévonien clair et de schistes marrons) sur le "socle" granitique. Ce plan supporte le "chemin des mines", ou "camino de Las Pardas", ou encore "camino Barrosa". (extrait du site « Histoire du chemin des mines « )

Après être descendu d'une centaine de mètres dans une pente herbeuse, en suivant la trace des 3 lacets du chemin des mines, on s'engage, à droite, à hauteur d'une pancarte signalant le "camino de Las Pardas", vers la falaise nord du cirque où on repère facilement cette vire, que l'on va parcourir, après la traversée d'un sol de grès rouge, d'un éboulis, d'un étroit couloir pentu et, sur une murette, d'un thalweg. L’érosion du temps a fait que la vire a presque disparu à certains endroits, des mains courantes ont été installé mais n’ont pas résisté. Donc avec les gros sacs, il faut rester prudent.

Nous traversons de grandes zones d’éboulis schisteux pour atteindre le col de Robinera.

Du col Robiñera on aperçoit, dans l'arête ouest du pic de La Munia, vue de profil, une petite brèche dans laquelle est coincé un bloc rocheux blanc. Ce sera notre porte d’entrée pour l’ascension de la Munia.

Tonio et Yvon préfère nous attendre au niveau du pas du Chat, le reste de la troupe part en direction du sommet.

Le temps de faire la traditionnelle photo du sommet, une descente de 1633 m de D- nous attend avec une partie importante d’éboulis.

Le pas du chat ne pose pas de problème, par contre le mur de passet nécessite la pose d’un rappel. En effet, avec le réchauffement climatique il n’y a plus de névé au pied du mur, névé qui nous permettaient de gagner quelques mètres nous évitant le rappel.

Magnifique week-end et une belle entente de camaraderie. Nous passons la dernière nuit à la grange de Hole.

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